Kinshasa, 2 juillet 2026 — Banque mondiale

La Banque mondiale a annoncé jeudi à Kinshasa l’activation d’une enveloppe de 73 millions de dollars américains pour soutenir la réponse à l’épidémie de maladie à virus Ébola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’annonce a été faite lors de la visite de travail du président de la République d’Afrique du Sud à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
La composition du financement est précisée dans le détail :
Ce montant inclut 63 millions USD annoncés par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), auxquels s’ajoutent 10 millions USD supplémentaires mobilisés via le Global Financing Framework. Au niveau national, 46 millions USD sont déjà en cours de déploiement à travers le Projet de Préparation, de Riposte et de Résilience aux Urgences Sanitaires, mis en œuvre avec le ministère de la Santé pour financer directement le plan du Gouvernement. Il ne s’agit pas d’un pledge : ces ressources sont disponibles et sont déjà en train d’être décaissées. »
Un appui régional pour prévenir la propagation
Au niveau régional, 10 millions USD ont été mis à disposition du Burundi pour préparer la réponse dans les pays voisins, afin d’éviter une propagation transfrontalière de l’épidémie qui touche actuellement le Nord-Kivu, l’Ituri et le Sud-Kivu. Les partenaires insistent sur le besoin de logistique, de laboratoires, de cliniques mobiles et d’équipements de protection individuelle, dans un contexte marqué par les contraintes sécuritaires à l’Est. La dimension économique du financement est posée clairement :
Au-delà de l’urgence sanitaire, ce financement vise à protéger l’économie des zones affectées. L’épidémie freine la circulation des biens et des personnes et alourdit la charge sur le système de santé. »
La maladie à virus Ébola, provoquée par le virus du même nom, est une fièvre hémorragique grave dont le taux de létalité peut atteindre 90 % en l’absence de traitement. La RDC a connu 16 épidémies depuis la découverte du virus en 1976 sur les rives de la rivière Ébola dans l’actuelle province du Nord-Ubangi. L’Est du pays, combinant fragilité sécuritaire et pression démographique, constitue l’environnement le plus difficile pour la riposte sanitaire. Chaque épidémie dans cette zone engendre des pertes économiques directes : arrêt des activités agricoles et minières, effondrement des flux commerciaux locaux, afflux de dépenses non planifiées dans les budgets provinciaux.
Par A. E