Kinshasa, 4 juillet 2026 — Primature

La Première ministre Judith Suminwa a présidé vendredi à Kinshasa une réunion de la Commission spéciale de recouvrement forcé du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), consacrée à l’accélération du recouvrement des créances en souffrance. Le chiffre livré en séance est saisissant : près de 350 millions de dollars américains demeurent entre les mains de débiteurs défaillants, privant le Fonds des ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission de financement du développement industriel en République démocratique du Congo (RDC).
Les orientations données par la cheffe du gouvernement ont porté sur l’affinage de la catégorisation des débiteurs, afin d’adapter les mécanismes de recouvrement à chaque dossier. L’urgence est réaffirmée : une nouvelle séance se tiendra encore en juillet.
Le recouvrement comme levier de l’industrialisation
Pour le ministre de l’Entrepreneuriat et PME, Justin Kalumba, l’enjeu dépasse la simple récupération de fonds publics. Le constat est posé sans détour :
Il n’est pas normal que des personnes qui ont reçu de l’argent de l’État ne le rendent pas alors qu’elles se sont engagées à le faire. Il faut absolument aider le FPI à recouvrer cet argent pour que nous puissions le réinvestir dans l’industrialisation du pays. »
Le ministre a insisté sur la nécessité de faire du recouvrement un véritable levier de transformation économique, et non un simple exercice comptable. La vision est affirmée avec force :
Nous ne devons pas nous limiter à la commercialisation des produits bruts ou des matières premières. Il faut absolument apporter une plus-value sur nos matières premières, les transformer localement. La question de l’industrialisation devient donc cruciale. On ne peut pas industrialiser le pays rien qu’en allant demander de l’argent auprès de la Banque mondiale. Il faut compter sur nos ressources nationales et internes. »
La prochaine étape, annoncée par Kalumba, est la catégorisation formelle de toutes les créances en souffrance avant l’engagement des procédures de recouvrement. La conclusion est sans appel :
Ceux qui doivent payer doivent s’exécuter. »
Le FPI est l’institution publique congolaise chargée de financer les petites et moyennes entreprises industrielles, principalement à travers la taxe de promotion de l’industrie prélevée sur les importations de biens manufacturés. Ses agents viennent de recevoir la qualité d’officiers de police judiciaire pour renforcer leurs pouvoirs de recouvrement. Avec 350 millions USD en souffrance — soit plus de 15 % du budget mensuel de l’État — la mobilisation de ces créances représente un potentiel de financement industriel considérable, à condition que les procédures engagées aboutissent effectivement.
Par N. BAF