+75 % en une semaine : le prix de l’essence s’emballe à Mwene-Ditu

Mwene-Ditu (Lomami), 6 juillet 2026 — Constat de terrain

Le litre d’essence est passé de 4 000 à 7 000 francs congolais (CDF) en l’espace d’une semaine dans la ville de Mwene-Ditu, province de la Lomami au centre de la République démocratique du Congo (RDC) — une hausse de 75 % qui se répercute immédiatement sur les tarifs de transport urbain et le pouvoir d’achat des habitants. Le témoignage d’un revendeur local est sans équivoque :

Nous vendions le litre d’essence entre 4 000 et 5 000 francs congolais il y a quelques jours seulement. Aujourd’hui, nous sommes obligés de le céder jusqu’à 7 000 francs en raison des difficultés d’approvisionnement et de l’augmentation du coût d’achat auprès des fournisseurs. »

La flambée est attribuée à une combinaison de facteurs : raréfaction des stocks disponibles et renchérissement des frais d’acheminement. La logique imposée au marché est décrite clairement :

Cette hausse ne dépend pas de notre volonté. Nous sommes contraints d’adapter les prix pour éviter de travailler à perte. Les quantités disponibles deviennent de plus en plus limitées et les frais liés à l’acheminement du produit ont également augmenté. »

L’effet de cascade sur le transport est immédiat. Les conducteurs de taxi-moto, principaux vecteurs de mobilité urbaine à Mwene-Ditu, se ravitaillent à des coûts plus élevés et répercutent la hausse sur leurs tarifs, compliquant davantage les déplacements quotidiens des habitants. À la Fédération des entreprises du Congo, la carence en carburant est confirmée sans explication officielle sur ses causes.

Cet épisode à Mwene-Ditu illustre la fragilité persistante de la chaîne d’approvisionnement en carburant dans les villes de l’intérieur de la RDC, loin des dépôts pétroliers de Kinshasa et des circuits logistiques structurés. Après la pénurie momentanée observée à Kinshasa début juillet et les 43,7 millions USD de pertes et manques à gagner certifiés pour le premier trimestre 2026, cet incident confirme que l’équation carburant reste l’un des points de vulnérabilité les plus aigus de l’économie congolaise.

Par G. M