42 ans sans recensement : la RDC mobilise le secteur privé pour combler son vide statistique

Kinshasa, 8 juillet 2026 — Ministère du Plan / FEC

Guylain Nyembo, ministre d’État en charge du Plan

Plus de quarante-deux ans après le dernier recensement scientifique réalisé en 1984, la République Démocratique du Congo (RDC) s’apprête à franchir une étape historique. Le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, a présidé mercredi à Kinshasa une rencontre stratégique avec les membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) pour renforcer l’implication du secteur privé dans la réussite du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Le message du ministre est direct :

Il ne s’agit pas d’un simple décompte démographique, mais d’un investissement dans la connaissance, levier indispensable à toute politique publique moderne. »

Au-delà de son caractère statistique, le RGPH-2 est présenté comme un véritable instrument de gouvernance : les données issues du recensement permettront d’améliorer la programmation des investissements publics, d’orienter les politiques sociales, d’anticiper les besoins en infrastructures et d’assurer une allocation plus efficiente des ressources publiques. Pour le secteur privé, l’argument est différent mais complémentaire :

Si l’État a besoin de ces données pour gouverner, vos entreprises en ont tout autant besoin pour prospérer. »

La FEC s’engage sur trois axes

L’administrateur délégué de la FEC, Thierry Ngoyi, a réaffirmé la disponibilité du secteur privé à accompagner activement le processus. L’engagement est structuré en trois axes :

Nos entreprises disposent de compétences reconnues dans de nombreux domaines qui peuvent être mises au service de cette opération nationale. Nous plaidons pour un cadre permanent de concertation afin d’identifier les besoins, de coordonner les interventions et de valoriser pleinement l’expertise du secteur privé. »

Concrètement, la FEC s’engage sur la sensibilisation et la mobilisation de ses membres sur l’ensemble du territoire, la mise à contribution des capacités logistiques et humaines des entreprises, et l’instauration d’un cadre permanent de concertation avec les responsables du recensement.

La réunion a également réuni l’Institut national de la statistique (INS) et le Bureau central du recensement (BCR). Le ministre Nyembo a insisté sur une dimension économique souvent sous-estimée du RGPH-2 : en identifiant les acteurs économiques invisibles et en comprenant la structure réelle de l’activité sur le territoire, le recensement contribuera à accélérer la transition du secteur informel vers le secteur formel, favorisant ainsi l’élargissement de l’assiette fiscale et le renforcement des recettes publiques. En RDC, l’absence de données démographiques fiables depuis 1984 constitue un handicap majeur pour toute planification économique sérieuse : on ne sait pas combien de Congolais il y a, où ils vivent, ce qu’ils consomment, ni quels sont leurs besoins. Sans cette base, les politiques de développement restent des constructions approximatives.

Par N. BAF