6,2 % de croissance attendue, +43,4 % d’optimisme : l’économie congolaise tient le cap

Kinshasa, juillet 2026 — Banque Centrale du Congo

Les indicateurs de conjoncture publiés par la Banque Centrale du Congo (BCC) pour juin 2026 confirment une économie de la République démocratique du Congo (RDC) en phase de croissance soutenue, portée par un secteur minier robuste et des secteurs non extractifs en rattrapage progressif. La croissance du PIB réel est attendue à 6,2 % pour l’année 2026 selon le Comité Permanent de Cadrage Macroéconomique (CPCM), après 5,7 % estimés en 2025.

Mines en tête, construction au sommet

Le moteur principal reste l’industrie extractive, dont la valeur ajoutée devrait progresser de 9,4 %, portée par la demande mondiale en cuivre, cobalt et or. En parallèle, les activités hors mines confirment leur relance à 5,0 %, contre 4,8 % l’année précédente. Le FMI, dans le cadre de la troisième revue du programme FEC-FRD, projette une croissance plus prudente de 5,6 %, portée par le dynamisme du BTP, des services, de l’agriculture et du secteur manufacturier.

Le baromètre de conjoncture de la BCC confirme cette dynamique : le solde global d’opinions des chefs d’entreprise s’est établi à +43,4 % en juin 2026, contre +43,1 % en mai, soit une douzième progression mensuelle consécutive depuis juin 2025 où il s’inscrivait à 36,0 %. La construction est la branche la plus optimiste avec +53,7 % (+3,9 points sur le mois), portée par les grands chantiers routiers et les travaux aéroportuaires. L’industrie extractive suit à +46,6 %, les services à +32,1 % et l’industrie manufacturière à +28,2 %. Le secteur électricité et eau, longtemps en retrait, rebondit à +26,2 % grâce à la modernisation de la station de Kolwezi et à la remise en service de la ligne 30 kV Ndolo-Funa à Kinshasa.

Un chiffre mérite attention derrière les agrégats de croissance : le PIB par habitant de la RDC s’est établi à 772,1 USD en 2025, contre 459,8 USD en 2016 — soit une progression de 68 % en dix ans. Ce progrès est réel, mais il reste très en deçà de la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée à 1 673 USD. L’écart s’explique par la forte croissance démographique — qui dilue les gains de production — et par l’impact de l’insécurité à l’Est sur les activités productives.

Par A. E