Kinshasa, 8 juillet 2026 — Ordre national des experts-comptables (ONEC-RDC)

La deuxième édition du congrès national des experts-comptables de la République démocratique du Congo (RDC), organisée du 8 au 10 juillet 2026 par l’Ordre national des experts-comptables (ONEC-RDC), a rassemblé plus de 1 000 professionnels à Kinshasa autour du thème : « Le professionnel comptable, acteur clé de la croissance économique et de la transparence financière. »
Pour Jean-Marie Tumba, président national de l’ONEC-RDC, la portée de l’événement dépasse le simple rassemblement corporatif. Le constat qu’il en tire est direct :
Notre congrès est désormais bien plus qu’une rencontre professionnelle. Il constitue le thermomètre de notre profession, car il nous permet de mesurer le chemin parcouru, d’évaluer nos progrès, d’identifier nos faiblesses et de fixer de nouvelles ambitions dans le but de contribuer à la transparence financière, à l’amélioration du climat des affaires, à la mobilisation de recettes publiques et à la lutte contre la faute, la corruption et le blanchiment des capitaux. »
Le Plan stratégique 2026-2029 de l’Ordre fixe un objectif ambitieux : faire de l’ONEC-RDC une institution forte, moderne et crédible, pleinement alignée sur les meilleures pratiques internationales, avec pour prochain jalon l’accession au statut de membre à part entière des instances comptables internationales.
Le gouvernement : la comptabilité comme bouclier contre les flux illicites

Le vice-ministre des Finances, Gracia Yamba, représentant le ministre lors de la cérémonie d’ouverture, a placé la profession comptable au cœur de la stratégie économique gouvernementale. La formulation retenue ne laisse pas de place à l’ambiguïté :
Les professionnels comptables constituent des acteurs incontournables de la transformation économique de notre pays. Car ils participent à la sécurisation des investissements, à la prévention des risques financiers, au renforcement de la confiance des marchés et à l’amélioration de la compétitivité de notre économie. »
Elle a souligné que l’amélioration de la qualité de l’information financière est un levier essentiel dans la lutte contre les flux financiers illicites, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Parmi les réformes gouvernementales en cours : renforcement de la certification des états financiers, déploiement de la facture normalisée, modernisation de l’administration fiscale, opérationnalisation de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, et rapprochement progressif des pratiques congolaises des standards comptables internationaux.
L’information financière fiable est le bien commun le plus sous-évalué d’une économie. Sans comptes vérifiés, les investisseurs ne peuvent pas évaluer les risques, les banques ne peuvent pas prêter en confiance, l’administration fiscale ne peut pas établir l’assiette juste, et l’État ne peut pas planifier. En RDC, où l’économie informelle représente une part très majoritaire de l’activité, la montée en compétence de la profession comptable et la normalisation des pratiques de certification sont des prérequis à toute politique sérieuse de formalisation et d’élargissement de l’assiette fiscale.
Par G. M