N’Djili : un Boeing 787 et une rotonde réhabilitée — le 30 juin en fanfare pour l’aviation congolaise

Kinshasa, 30 juin 2026

Le 66ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC) a été marqué, le 30 juin 2026, par l’inauguration de la rotonde réhabilitée de l’aéroport international de N’Djili à Kinshasa et la réception d’un nouvel avion d’Air Congo — un Boeing 787-800 capable d’embarquer entre 360 et 380 passagers — destiné aux liaisons internationales. Le président Félix Tshisekedi a présidé ces deux cérémonies en même temps. Pour les opérateurs du secteur, l’arrivée de cet appareil est porteuse d’une promesse concrète pour les voyageurs :

L’arrivée de cet avion inaugure une ère nouvelle dans le transport aérien en RDC, avec une réduction des prix des billets à l’international. »

La rotonde de 1959, enfin restaurée

La rotonde inaugurée ce jour a 67 ans. Construite à partir de 1954, elle avait été mise en service en février 1959 — soit un an avant l’indépendance. Sa réhabilitation a été accueillie avec une forte charge émotionnelle par les responsables de la Régie des voies aériennes (RVA), gestionnaire des aéroports de la RDC. Vincent Futa, directeur général adjoint de la RVA, a posé les mots qui s’imposaient :

C’est avec une très vive émotion que je vis cette journée. L’aéroport de N’Djili a commencé à être construit en 1954. Quant à la rotonde, ce monument emblématique, elle a été inaugurée en février 1959. Cela signifie qu’aujourd’hui, cette aérogare est âgée de 67 ans. »

Le directeur général de la RVA, Louis-Blaise Londole, a replacé cette inauguration dans un cadre plus large de réhabilitation des aéroports congolais, citant Bunia et Kananga parmi les sites où des travaux ont déjà été achevés. La réforme de la sûreté aérienne a été chiffrée :

En 2017, nous étions à 49 % en matière de sûreté dans la navigation aérienne. Aujourd’hui, nous sommes à 69 %, dépassant même la moyenne africaine de 62 %. Cela ne va pas s’arrêter là ; nous poursuivons avec l’acquisition de nouveaux équipements. »

Le train de ville revient après 20 ans d’interruption

L’événement le plus inattendu de la journée n’était peut-être pas l’avion ni la rotonde, mais le moyen de transport utilisé pour y accéder. Le président Tshisekedi et une importante délégation de chefs des institutions, de membres du gouvernement et de responsables judiciaires ont pris le train urbain depuis le centre-ville de Kinshasa jusqu’à l’aéroport international de N’Djili — inaugurant ainsi une ligne ferroviaire interrompue depuis plus de 20 ans.

En une seule journée, la RDC a donc remis en service un train urbain, réhabilité une infrastructure aéroportuaire emblématique et accueilli un long-courrier capable de desservir les grandes métropoles mondiales. Ce n’est pas encore une révolution des transports — les défis restent immenses dans un pays où la majorité de la population n’a accès ni à un aéroport ni à un réseau ferroviaire fonctionnel — mais c’est un signal visible, choisi pour l’anniversaire de l’indépendance, que les infrastructures de connectivité font désormais partie de l’agenda de l’État.

Par N. BAF