Finances publiques : les recettes frôlent les objectifs en juin, les dépenses dérapent

Kinshasa, juin 2026 — Banque Centrale du Congo / Ministère des Finances

Les opérations financières de l’État pour le mois de juin 2026 révèlent une image contrastée : une mobilisation des recettes proche des objectifs, mais des dépenses qui ont largement dépassé les prévisions, générant un déficit de trésorerie de 805,7 milliards de francs congolais (CDF) sur la période. C’est ce que montre la situation des finances publiques publiée par la Banque Centrale du Congo (BCC).

Recettes : 99,7 % de réalisation, une quasi-atteinte de l’objectif

Les régies financières ont mobilisé 2 128,0 milliards de CDF pour une programmation de 2 134,6 milliards, soit un taux de réalisation de 99,7 %. La répartition est instructive : la DGDA (douanes) a dépassé sa prévision avec 723,0 milliards pour un objectif de 613,9 milliards (117,8 %) ; la DGRAD (parafiscalité) a également dépassé son objectif avec 550,1 milliards pour 478,1 milliards prévus (115,1 %). En revanche, la DGI (impôts) n’a mobilisé que 854,9 milliards pour une prévision de 1 042,7 milliards (82,0 %).

Dépenses : 123 % d’exécution, les salaires en cause

Du côté des dépenses, le dépassement est marqué : 3 249,0 milliards de CDF exécutés pour une prévision de 2 636,4 milliards, soit un taux d’exécution de 123,2 %. La BCC identifie le dépassement de l’enveloppe salariale des agents et fonctionnaires de l’État comme principal facteur explicatif : 1 260,9 milliards de CDF ont été décaissés à ce titre, auxquels s’ajoutent 92,5 milliards de frais financiers.

En cumul au premier semestre 2026, les régies ont globalement réalisé leurs assignations, mais dans un contexte d’expansion des dépenses qui a contraint le gouvernement à recourir à d’autres moyens de financement. Sur le marché intérieur de la dette, les émissions en devises affichent un taux de réalisation exceptionnel de 122,4 % (1 101,9 millions USD levés). En revanche, les émissions en monnaie nationale restent peu attractives : seulement 31,0 % des montants annoncés ont été souscrits (357,0 milliards de CDF sur 1 150,0 milliards prévus). Cette asymétrie — fort appétit pour les titres en devises, faible appétit pour les titres en CDF — illustre la dollarisation persistante de l’épargne financière en RDC.

Par G. M