Ebola, forêts, énergie : l’AFD élargit son jeu en RDC

17 juillet 2026 — Groupe AFD

Premier déplacement en Afrique depuis sa nomination, la visite du directeur général du Groupe AFD, Christophe Lecourtier, en République démocratique du Congo du 13 au 15 juillet, aura été dense. Au-delà du chiffre déjà connu — un portefeuille de plus de 700 millions d’euros et 35 projets en cours, dans un pays où le Groupe est présent depuis 1976 — c’est la dimension sanitaire qui a marqué ce déplacement, alors que la RDC fait face à une nouvelle épidémie d’Ebola.

Le directeur général a inauguré le laboratoire de l’Hôpital de référence de Kinkole, construit et équipé grâce au projet LABOH-KIN, qui a permis la construction de cinq laboratoires, la création d’un atelier de bio-maintenance et la formation de près de 300 professionnels de santé. Le Groupe AFD a tenu à situer la portée de ce projet : « via l’AFD, la France facilite l’accès à plus de deux millions d’habitants à des examens biologiques fiables ». Il s’est également rendu à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), aux côtés du Professeur Jean-Jacques Muyembe, co-découvreur du virus Ebola — un partenaire historique de l’AFD, présenté comme une « première ligne de défense contre la propagation du virus » dans le contexte épidémique actuel.

Sur le terrain culturel, Christophe Lecourtier a inauguré les nouvelles infrastructures de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, un projet mis en œuvre par Expertise France qui prévoit également la réhabilitation d’autres infrastructures sportives et culturelles dans la capitale.

Ces déplacements s’inscrivent dans le cadre du nouveau protocole d’entente signé entre la RDC et le Groupe AFD en février dernier, structuré autour de quatre priorités communes : énergie, infrastructures de transport, forêts et agriculture, enseignement supérieur. Deux territoires concentrent désormais l’action du Groupe : le Couloir vert Kivu-Kinshasa et le corridor de croissance du Grand Inga. La protection des forêts du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, y occupe une place particulière — présentée comme un intérêt mutuel entre la France, frappée par des vagues de canicule à répétition, et la RDC, dont les massifs forestiers jouent un rôle clé dans la régulation climatique mondiale.

Le directeur général a par ailleurs rencontré les autres acteurs européens présents dans le pays ainsi que le milieu des affaires français, un secteur privé que le Groupe entend mobiliser davantage sur les enjeux énergétiques congolais, dans un pays où la demande en électricité reste très supérieure à l’offre disponible.

Par N. BAF