La farine de manioc panifiable a désormais sa norme : une filière industrielle prend forme

Kinshasa, 10 juillet 2026 — Comité national de normalisation / IITA

La norme congolaise pour la farine de manioc panifiable a été adoptée après révision par le Comité national de normalisation, lors d’une session tenue à Kinshasa dans le cadre du projet « Développement de la chaîne de valeur du manioc pour soutenir la sécurité alimentaire et l’industrie du pain en RDC ». Les travaux étaient présidés par le secrétaire général à l’Industrie, Saturnin Wangwamba, en présence du représentant pays de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA).

La révision a porté sur deux points : la mise à jour de la norme NCD 005 (éditions 2022 et 2026) pour clarifier certains termes et exigences normatifs, et l’examen de l’opportunité de recourir au procédé de séchage rapide dans le processus de transformation du manioc. Ces ajustements visent à adapter la norme aux évolutions technologiques et scientifiques du secteur.

Le représentant de l’IITA a insisté sur la dimension industrielle du manioc, souvent réduit à sa seule fonction vivrière. Le constat est formulé clairement :

Avoir des normes sur la farine panifiable en RDC, c’est extrêmement important. Nous savons tous que le manioc n’est pas juste une culture vivrière ; c’est la principale culture vivrière du pays. Mais au-delà de cela, c’est une culture qu’on peut considérer industrielle. »

Le Comité national de normalisation a formulé trois recommandations au gouvernement : adopter des règlements techniques pour la mise en œuvre de la norme dans les ministères sectoriels concernés ; assurer la formation des transformateurs, des boulangers et pâtissiers ainsi que des ménages ; et prendre des mesures incitatives à l’endroit des opérateurs de la minoterie. La RDC est le plus grand producteur de manioc d’Afrique, avec une production annuelle estimée à plus de 30 millions de tonnes. Pourtant, la transformation du manioc en farine panifiable — qui permettrait de substituer partiellement la farine de blé importée dans la fabrication du pain — reste marginale. Cette norme est une condition préalable à l’industrialisation de cette filière : sans référentiel technique commun, ni les investisseurs ni les importateurs de pain ne peuvent s’engager sur des volumes significatifs.

Par A. E