Kinshasa, 9 juin 2026

L’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) intensifie son programme de formalisation de l’exploitation artisanale du cobalt en République démocratique du Congo (RDC), afin de mieux encadrer le secteur, améliorer la traçabilité des minerais et récupérer une partie des recettes perdues à cause de la contrebande. Selon les données du ministère des Mines, entre 1,5 et 2 millions de creuseurs artisanaux participent à cette filière, qui représente entre 15 et 30 % de la production nationale de cobalt. Le gouvernement estime que les exportations frauduleuses privent l’État d’environ un milliard de dollars de recettes fiscales chaque année.
Dans un communiqué publié mardi, l’EGC indique déployer progressivement des « carrés miniers viabilisés » — des zones dédiées où des coopératives artisanales agréées opèrent sous la supervision de l’État.
Ce cadre impose le respect strict des normes internationales de sécurité industrielle, de traçabilité environnementale et de gouvernance éthique pour éradiquer l’exploitation clandestine », peut-on lire dans le communiqué.
Un partenariat pilote avec ERG dans le Lualaba
Pour concrétiser cette stratégie, l’EGC a signé un accord avec Eurasian Resources Group (ERG), lui permettant d’exploiter une zone pilote dans la province du Lualaba. L’objectif est notamment d’améliorer les conditions de travail des mineurs, de lutter contre le travail des enfants et de sécuriser la chaîne d’approvisionnement.
Chaque gramme de cobalt extrait de ces zones pilotes doit être rigoureusement tracé, par un système d’étiquetage inaltérable, depuis le puits de production jusqu’à son point final d’exportation », souligne l’entreprise.
Pour le directeur général de l’EGC, Eric Kalala, la formalisation est « la seule alternative viable aux crises sécuritaires ». Il estime que l’intégration des mineurs artisanaux dans un cadre légal constitue une solution durable aux tensions récurrentes observées dans les zones minières. L’entreprise publique mène par ailleurs des discussions avec d’autres groupes miniers pour étendre ce modèle à de nouvelles concessions.
Le cobalt artisanal congolais est au cœur de l’attention internationale depuis plusieurs années, en raison des conditions de travail dénoncées dans certaines zones d’extraction et de son rôle central dans les chaînes d’approvisionnement des batteries pour véhicules électriques. La formalisation n’est donc plus seulement un enjeu social : c’est devenu un enjeu de souveraineté économique, de réputation internationale et de maintien du leadership mondial de la RDC sur ce métal stratégique.
Par N. BAF