Kinshasa, 11 juin 2026

La crédibilité de l’Inspection générale des finances (IGF) de la République démocratique du Congo (RDC) passe aussi par une communication maîtrisée. C’est le constat central développé jeudi au quatrième jour du séminaire de renforcement des capacités des partenaires de l’IGF — médias et société civile — par le professeur Jean Chrétien Ekambo.
Le lien entre image institutionnelle et sécurisation des ressources publiques a été posé sans détour :
Une mauvaise communication sur le contrôle expose les ressources publiques. À l’inverse, une communication augmentée sur l’IGF renforce la discipline budgétaire, sécurise les recettes de l’État et améliore l’image du pays auprès des partenaires économiques. »
Cette « communication augmentée » se déploie, selon le professeur Ekambo, à travers quatre familles de supports complémentaires : les médias classiques, chargés de transmettre rigoureusement les faits, les chiffres et les rapports d’audit ; les médias numériques — influenceurs, créateurs de contenu — dont le rôle est de vulgariser les concepts financiers complexes pour le grand public ; les arts du vivant, théâtre et performances, qui rendent la lutte contre les antivaleurs sensible et accessible à tous ; et les arts appliqués, affiches et banderoles, qui assurent une visibilité permanente dans l’espace public.
Dissiper les malentendus pour rassurer les investisseurs
Un malentendu médiatique peut, selon le professeur, pénaliser directement l’économie nationale. L’avertissement est clair :
Quand l’opinion croit à tort que l’IGF traque les citoyens, la confiance des investisseurs se fragilise. En revanche, quand elle comprend que l’IGF contrôle exclusivement les entités publiques et parapubliques, la confiance dans la gestion de l’État remonte. »
Il a rappelé que les assujettis de l’institution ne sont jamais de simples citoyens, mais des institutions et des entités.
Les trois piliers d’une communication efficace
Toute communication institutionnelle réussie repose, selon le professeur Ekambo, sur trois fondamentaux transposables à l’économie : la pluralité d’acteurs, où l’État, les entreprises, les médias et l’opinion dialoguent pour faire circuler l’information financière ; le contrat minimal, ce socle de confiance sans lequel aucune transaction économique sérieuse n’est possible ; et le maintien de la coopération, condition pour atteindre ses objectifs sans rompre le dialogue. La formule de clôture résume l’ensemble :
Dès que vous perturbez la coopération, vous entrez en guerre. En gestion publique, la guerre, c’est le détournement, la fraude et le gaspillage. La coopération, c’est la bonne gouvernance. »
Cette intervention s’inscrit dans la continuité du séminaire IGF, dont le plan triennal 2026-2028, évalué à 39 millions USD, vise à faire basculer l’institution d’un contrôle punitif a posteriori vers un contrôle systémique préventif. La communication n’est, dans cette perspective, pas un simple accessoire : elle conditionne la perception qu’ont les investisseurs et les partenaires internationaux de la qualité de la gouvernance financière congolaise.
Par N. BAF