Kinshasa, 26 mai 2026

Le ministre des Mines de la République démocratique du Congo (RDC), Louis Watum Kabamba, a accordé mardi une audience à une délégation de la société congolaise ONYO-BT, venue présenter une solution énergétique innovante et autonome, conçue pour répondre au déficit électrique qui pénalise aussi bien les ménages que les activités minières en RDC.
La technologie présentée se distingue par plusieurs caractéristiques qui la rendent particulièrement adaptée aux contraintes du secteur minier congolais : elle est basée sur la transformation de ressources minérales, produit une énergie qualifiée de « verte » sans impact environnemental négatif, et fonctionne de manière totalement autonome, sans connexion aux réseaux classiques de distribution électrique — un atout décisif dans les zones minières enclavées où l’accès au réseau de la Société nationale d’électricité (SNEL) est inexistant ou défaillant.
Une centrale pilote dans le Kasaï-Oriental
Riguen Ngoto, assistant technique du président-directeur général d’ONYO-BT, a annoncé que la société prévoit de développer dans la province du Kasaï-Oriental une centrale électrique autonome dont la capacité n’a pas été précisée publiquement. Il a insisté sur le caractère décentralisé et rapide de déploiement de cette technologie, qui permettrait une installation dans des zones minières ne disposant pas d’infrastructures énergétiques adéquates.
Le ministre Watum Kabamba s’est montré réceptif à la démarche et a exprimé sa volonté d’examiner les possibilités de collaboration entre son ministère, ONYO-BT et les entreprises minières, notamment à travers la Chambre des Mines. Deux projets sont d’ores et déjà évoqués comme terrain d’application : le projet cuprifère de Kabeya Kamwanga dans le Kasaï-Oriental, et le projet ferrifère de la Grande Orientale.
Dans un pays où le déficit énergétique constitue l’un des principaux freins à l’industrialisation minière, la piste ouverte par ONYO-BT mérite attention — même si les modalités techniques et financières d’un éventuel partenariat restent à préciser.
La RDC dispose du deuxième potentiel hydroélectrique mondial (167 000 MW estimés), mais moins de 20 % de sa population a accès à l’électricité. Dans les zones minières de l’Est et du centre du pays, le déficit énergétique contraint souvent les entreprises à recourir à des groupes électrogènes au diesel, entraînant des coûts opérationnels considérables et une empreinte carbone élevée.
Par S. M.