Franc congolais sous tension douce, pétrole en repli : les marchés de la semaine du 22 mai

Kinshasa, au 22 mai 2026

Le tableau des marchés pour la semaine close au 22 mai 2026 révèle des signaux divergents pour la République démocratique du Congo (RDC) : un franc congolais qui se comporte différemment selon le marché où on l’observe, des matières premières stratégiques en légère progression, et un pétrole en repli. Un tableau nuancé, à lire dans le contexte d’un pays dont les recettes extérieures dépendent étroitement de l’évolution de ces cours.

À la clôture du 22 mai 2026, le dollar américain s’échangeait à 2 247,03 CDF sur le marché interbancaire et à 2 295,28 CDF sur le marché parallèle. Par rapport au 15 mai, le franc congolais s’est déprécié de 0,10 % à l’interbancaire, mais s’est apprécié de 0,40 % au parallèle. En rythme annuel, la monnaie nationale affiche une dépréciation de 2,92 % sur le marché interbancaire et une appréciation de 0,66 % au parallèle.

Les réserves internationales brutes se sont établies à 7 653,61 millions USD au 22 mai, en baisse hebdomadaire de 146,18 millions USD. Ce niveau garantit une couverture de 2,92 mois d’importations de biens et services — en deçà du seuil de trois mois généralement recommandé par les institutions financières internationales.

Cuivre en hausse, or en repli, pétrole sous pression

La tonne de cuivre s’est fixée à 13 669,0 USD, en hausse hebdomadaire de 0,9 %. Pilier des recettes d’exportation congolaises, son maintien à des niveaux élevés soutient les équilibres budgétaires du pays. L’once d’or s’est négociée à 4 524,9 USD, en recul de 0,9 % sur la semaine mais en hausse de 37,3 % en glissement annuel — une progression spectaculaire qui reflète la demande mondiale soutenue pour la valeur refuge.

Le pétrole recule de 5,2 % à 103,5 USD le baril, dans le sillage d’anticipations d’une résolution du conflit au Moyen-Orient. Une détente qui peut alléger les coûts d’importation des carburants en RDC, pays importateur net de produits pétroliers raffinés. Ramené au 31 décembre 2025, ce cours reste néanmoins en hausse de 70,0 %.

Quant aux prix des céréales, ils progressent globalement sur la semaine. Le riz s’établit à 286,8 USD la tonne (+0,7 % hebdomadaire), le blé à 237,6 USD (+1,7 %) et le maïs à 170,3 USD (+1,7 %). Rapportés au 31 décembre 2025, les hausses sont significatives : +30,8 % pour le riz, +27,6 % pour le blé, +5,1 % pour le maïs. Ces évolutions ont une incidence directe sur les coûts d’importation alimentaire de la RDC, dont les marchés urbains dépendent fortement du riz et du blé importés.

Le marché interbancaire est le marché formel où les banques commerciales s’échangent des devises avec la Banque centrale du Congo (BCC) et entre elles, à un taux encadré. Le marché parallèle fonctionne en dehors de ce cadre réglementé et reflète l’offre et la demande de devises dans le circuit informel. L’écart entre les deux taux — dit « premium du marché parallèle » — est un indicateur de la pression sur la monnaie nationale et de la confiance des agents économiques dans le système bancaire formel.

Par N. BAF