Guerre Iran-Israël, flambée du brut : les pétroliers congolais certifient 43,7 millions USD de pertes au T1 2026

Kinshasa, 1er juin 2026

Photo de pompe à essence

Le Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPPP) a certifié lundi à Kinshasa un montant de 43,7 millions USD au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) des sociétés pétrolières opérant en République démocratique du Congo (RDC) pour le premier trimestre 2026, dans les quatre zones de consommation du pays.

« Le CSPPP a procédé à la certification d’un montant de 43,7 millions USD au titre des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières pour le premier trimestre 2026 dans les quatre zones de consommation — Ouest, Sud, Est et Nord », a indiqué le communiqué du ministère de l’Économie nationale.

La zone Ouest concentre l’essentiel des pertes

La répartition géographique des pertes révèle une forte concentration dans la zone Ouest : 35,4 millions USD, soit 81 % du total. La zone Sud enregistre 3,95 millions USD de pertes, la zone Est 3,64 millions USD, et la zone Nord 0,73 million USD.

« Ces résultats négatifs, intervenus principalement au mois de mars 2026, sont tributaires des effets du conflit opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis d’Amérique », a précisé la source.

Face à cette situation, le gouvernement a soutenu l’octroi d’avances sur PMAG, financées par la mobilisation des recettes des stocks de sécurité, pour préserver la fluidité de la chaîne d’approvisionnement. Le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées à financer les remboursements. La rencontre a réuni les représentants des principales sociétés pétrolières opérant en RDC : Engen, TotalEnergies, SEP Congo, SOCIR, Kin Gaz, Cobil, Mulykap et d’autres, ainsi que les délégués de la FEC, de la DGDA et des ministères concernés.

Le mécanisme des pertes et manques à gagner (PMAG) est un dispositif par lequel l’État congolais compense les sociétés pétrolières lorsque les prix de vente réglementés à la pompe sont inférieurs aux coûts réels d’approvisionnement. Ce système, pensé pour maintenir des prix accessibles à la population, expose l’État à des charges considérables en période de hausse des cours mondiaux du pétrole brut. La tension géopolitique autour du détroit d’Ormuz, principal corridor maritime de l’or noir, a significativement pesé sur les cours durant le premier trimestre 2026.

Par N. BAF