La RDC signe l’accord international sur le cacao : une filière qui cherche sa stature mondiale

Abidjan (Côte d’Ivoire), 2 juin 2026

Julien Paluku entrain de signer l’adhésion de la RDC à l’ICCO

La République démocratique du Congo (RDC) a adhéré mardi à l’Accord international sur le cacao (ICCO), lors d’une cérémonie organisée à Abidjan. C’est le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, qui a apposé la signature du pays, marquant l’entrée officielle de la RDC dans l’organisation intergouvernementale qui régule le marché mondial du cacao.

« L’adhésion de la RDC constitue une opportunité majeure pour structurer la filière cacaoyère nationale et affirmer sa position sur le marché international », a déclaré Julien Paluku Kahongya, précisant que les volumes de cacao exportés par la RDC sont passés de 47 346 tonnes en 2021 à plus de 92 220 tonnes en 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS). Une progression de près de 95 % en quatre ans.

Sept axes et un siège dans les instances mondiales

L’accord couvre sept axes stratégiques : l’augmentation des revenus des producteurs, l’amélioration de l’empreinte environnementale de la filière, l’encouragement de la transformation locale, la promotion des produits cacaoyers, la recherche de financements pour les projets du secteur, l’accès aux statistiques officielles de l’ICCO, et la participation aux commissions et comités stratégiques pour défendre les intérêts congolais.

L’adhésion a été saluée par l’ambassadeur Aly Touré, porte-parole des membres exportateurs de l’ICCO, et par l’ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, Irchad Razaaly, représentant des membres importateurs. L’ICCO regroupe 51 pays membres, exportateurs et importateurs confondus.

La RDC produit du cacao principalement dans les provinces du Bas-Uélé, de la Tshopo et du Nord-Kivu. Malgré la forte progression des volumes exportés, la filière congolaise reste essentiellement exportatrice de fèves brutes, sans transformation locale significative. L’adhésion à l’ICCO ouvre théoriquement la voie à un meilleur accès aux mécanismes internationaux de financement et à un dialogue direct avec les pays acheteurs — conditions nécessaires pour monter en gamme et capter davantage de valeur ajoutée, à l’image de ce que la RDC cherche à faire dans ses filières minières.

Par A. E.