100 milliards USD de flux numériques par an : le chiffre qui révèle l’économie invisible de la RDC

Kinshasa, 8 juin 2026

Correspondance visuelle de l’économie numérique

Le ministre de l’Économie numérique de la République démocratique du Congo (RDC), Augustin Kibassa, a présenté lundi une projection saisissante : près de 100 milliards de dollars de flux numériques transitent chaque année dans l’économie congolaise. Un chiffre qui, mis en regard du PIB officiel du pays, dit l’ampleur d’une économie numérique largement invisible dans les statistiques traditionnelles mais bien réelle dans le quotidien des ménages et des entreprises.

Trente millions de Congolais utilisent déjà les services de Mobile Money, réalisant chaque jour des millions d’opérations entre consommateurs, commerçants, entreprises, institutions financières et administrations publiques à travers les 26 provinces du pays. Ce réseau de transactions, longtemps resté hors des radars de la comptabilité nationale, représente aujourd’hui un levier de gouvernance économique considérable.

Selon les projections présentées par le ministère, près de 100 milliards de dollars de flux numériques transitent chaque année dans l’économie congolaise », a déclaré Augustin Kibassa.

Le ministre a insisté sur une définition élargie de l’économie numérique, qui dépasse largement les smartphones et les réseaux sociaux : elle repose sur la capacité d’un pays à collecter, sécuriser et exploiter les données économiques pour améliorer la prise de décision publique, renforcer la transparence et accroître l’efficacité des politiques économiques. C’est dans cette logique que s’inscrit la création du guichet numérique unique de l’État, adoptée récemment en Conseil des ministres.

Le Mobile Money désigne les services de paiement et de transfert d’argent effectués via téléphone mobile, sans nécessiter de compte bancaire traditionnel. En RDC, ces services — M-Pesa, Airtel Money, Orange Money — ont profondément transformé les pratiques financières des ménages, notamment en zones rurales où le réseau bancaire classique est quasi inexistant. Avec 30 millions d’utilisateurs et 100 milliards USD de flux annuels, le numérique est déjà, de facto, la première infrastructure financière du pays.

Par G. M