Kikwit : la nuit fait grimper le prix des taxis

Kikwit (Kwilu), 15 juin 2026

Une hausse des tarifs du transport urbain a été observée pendant les heures tardives dans les quartiers les plus éloignés de la ville de Kikwit, dans la province du Kwilu au sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), selon une enquête menée auprès des conducteurs de motos et de voitures-taxis.

Patrick Kasese, conducteur d’une voiture-taxi, explique cette pratique par plusieurs facteurs cumulés. La justification est directe :

Nous haussons le tarif de nos courses pendant les heures tardives, à 100 % ou plus, surtout pour les coins lointains, à cause de plusieurs causes : l’insécurité — plusieurs de nos collègues ont perdu la vie ou leurs moyens de transport pendant les heures tardives — et le mauvais état des routes, car beaucoup de coins ne sont pas accessibles facilement. »

De son côté, Tsimba Isaac, conducteur de moto-taxi, confirme cette réalité et souligne que les conducteurs sont souvent victimes de l’insécurité lorsqu’ils circulent pendant les heures tardives.

Cette double majoration — risque sécuritaire et état des routes — illustre, à l’échelle d’une course de taxi urbain, la même logique que celle observée à plus grande échelle dans les provinces enclavées : l’absence d’infrastructures sûres et entretenues se traduit mécaniquement par une majoration du coût de la mobilité, qui pèse en premier lieu sur les habitants des quartiers périphériques, souvent les plus modestes.

Par A. E