Kinshasa, 29 mai 2026

Le ministre des Mines de la République démocratique du Congo (RDC), Louis Watum, a ordonné la suspension, à titre conservatoire et pour une durée de soixante jours, des activités des organismes spécialisés « Dots » dans cinq provinces minières : le Haut-Katanga, le Lualaba, le Kasaï-Oriental, le Nord-Kivu et le Haut-Uélé.
Après concertation avec la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Eve Bazaiba, je suspends avec effet immédiat, pour un délai de soixante jours, les activités de vos organismes spécialisés “Dots” dans les provinces du Haut-Katanga, Lualaba, Kasaï-Oriental, Nord-Kivu et Haut-Uélé », a déclaré Louis Watum dans un communiqué. »
Des mandats expirés depuis plus d’un an
La mesure fait suite à un constat documenté : les mandats des membres composant ces structures ont expiré depuis plus d’un an, en violation de leurs règlements intérieurs respectifs. Cette situation contrevient aux dispositions de l’article 8, alinéa 4, du Règlement intérieur-type encadrant la gestion de la dotation minimale de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières, destinée aux projets de développement communautaire.
Cette suspension vise à préserver les intérêts des communautés impactées et à permettre la mise en place d’organes dirigeants réguliers et légitimes », a précisé le ministre, en soulignant que la mesure s’applique sans préjudice des poursuites pour faute de gestion engagées par la Cour des comptes.«
Les organismes « Dots » sont des structures créées dans les zones d’exploitation minière pour gérer la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires que les entreprises minières sont légalement tenues de verser au bénéfice des communautés locales. Théoriquement, ces fonds servent à financer des projets de développement dans les zones d’extraction. En pratique, leur gestion a régulièrement fait l’objet de critiques pour manque de transparence et d’efficacité. La suspension annoncée et le recours à la Cour des comptes signalent une volonté de reprise en main d’un mécanisme qui devrait constituer l’un des principaux canaux de redistribution des richesses minières vers les populations locales.
Par G. M.