L’IGF fait le pari des médias pour ancrer sa réforme dans la conscience publique

Kinshasa, 8 juin 2026

Christophe Bitasimwa, inspecteur général

L’Inspection générale des finances (IGF) de la République démocratique du Congo (RDC) a ouvert lundi à Kinshasa un séminaire de renforcement des capacités destiné aux professionnels des médias et aux acteurs de la société civile, consacré à la vulgarisation du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’institution. Une démarche qui témoigne d’une conviction : une réforme qui ne se comprend pas dans l’espace public a peu de chances de tenir dans la durée.

Nous avons jugé indispensable d’associer à cette démarche les professionnels des médias ainsi que les acteurs de la société civile, dont le rôle est déterminant dans la diffusion d’une information juste, l’éducation citoyenne, la veille démocratique et la promotion de la culture de la redevabilité », a déclaré Christophe Bitasimwa, inspecteur général des finances chef de service.

Le séminaire poursuit un double objectif : permettre aux participants de s’approprier la philosophie et les orientations du plan triennal, et faire des journalistes et organisations de la société civile des relais crédibles des réformes engagées en matière de gouvernance financière. Ces assises couvriront plusieurs modules : histoire de l’IGF, fonctionnement institutionnel, évolution vers le contrôle systémique.

Les participants au séminaire

« Le renforcement des capacités du capital humain est un puissant moteur de croissance économique. Pour la RDC, c’est un levier d’industrialisation, d’accroissement de la production nationale, d’accélération de la croissance et de modernisation de l’administration publique », a souligné Jérôme Sekana, coordonnateur national de l’ASBL Toile d’Araignées, structure organisatrice du forum, qui regroupe 250 journalistes économiques d’investigation formés en finances publiques.

L’IGF est l’institution supérieure de contrôle administratif et financier de la RDC, placée sous l’autorité du président de la République. Son plan triennal 2026-2028, dont le coût global est estimé à 39 millions USD, ambitionne de passer d’un contrôle classique dit « patrouille financière » à un contrôle systémique en temps réel, fondé sur la maîtrise de la donnée et l’analyse intégrée de tous les circuits financiers de l’État. L’implication des médias dans ce processus de réforme est un signal rare en RDC : il traduit la volonté de l’institution de rendre compte, et pas seulement de contrôler.

Par S. M