Ébola paralyse le projet agricole du Nord-Kivu : 53 millions USD d’investissement au ralenti

Beni (Nord-Kivu), 8 juin 2026 — Source : Agence Congolaise de Presse (ACP)

Les activités du Projet d’appui au secteur agricole au Nord-Kivu (PASA-NK) ont été significativement perturbées par l’épidémie de maladie à virus Ébola, qui a entraîné des restrictions de déplacement dans la zone d’intervention du projet, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est ce qu’a déclaré lundi à Beni le coordonnateur intérimaire du PASA-NK, Romain Kyalire, lors d’un atelier tenu en visioconférence pour cause d’Ébola.

« La maladie à virus Ébola est devenue un problème dans la zone d’exécution du projet. Plusieurs missions qui devaient se dérouler sur le terrain se font désormais en ligne, parce que les consultants ne peuvent pas venir vers nous. De notre côté, nous avons du mal à participer à des missions en dehors de notre zone d’intervention », a déclaré Romain Kyalire. « Nous étions invités à Bruxelles avec l’organisation cheffe de file café robusta et arabica Rikolto, nous avons du mal à voyager. Nous étions également invités à Kinshasa ; le ministre d’État en charge de l’Agriculture nous a demandé de rester en stand-by et de ne pas bouger de la zone du projet. »

L’atelier, organisé en visioconférence avec le bureau régional du Fonds international de développement agricole (FIDA) et le secrétariat du ministère de l’Agriculture à Kinshasa, a néanmoins permis de faire le point sur les avancées du projet. La directrice pays du FIDA pour la RDC, Martine Villeneuve, a salué les résultats obtenus jusqu’ici et appelé à la mise en place d’une stratégie pour pérenniser les acquis.

Le PASA-NK est financé à hauteur de 53 millions USD par le FIDA, le Fonds de développement des pays exportateurs de pétrole (OFID) et le gouvernement de la RDC. Il vise à renforcer les capacités des paysans et améliorer les revenus des ménages et la sécurité alimentaire à travers quatre filières : maïs, riz, café et cacao. L’impact de l’épidémie d’Ébola sur un projet agricole de cette envergure illustre une réalité trop souvent ignorée dans les analyses économiques : en RDC, les crises sanitaires ne paralysent pas seulement les systèmes de santé — elles interrompent aussi les circuits agricoles, bloquent les investissements et freinent des programmes de développement qui bénéficiaient directement aux populations les plus vulnérables.

Par S. M