Kinshasa, 8 juin 2026

Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé lundi une formation de ses agents en qualité d’officiers de police judiciaire (OPJ), lors d’une cérémonie présidée par le ministre d’État en charge de la Justice. Une démarche inédite pour cette institution financière publique, qui traduit une volonté de renforcer son pouvoir de contrainte dans le recouvrement de ses créances.
La formation n’est pas une dépense mais un investissement pour l’avenir de l’entreprise », a déclaré Hervé Claude Batukonke, directeur général du FPI, ajoutant qu’« aucune réforme ne peut réussir si les hommes censés l’appliquer ne sont pas à la hauteur. »
La formation, assurée du 8 au 24 juin par l’Institut national de formation judiciaire, fait suite à la loi sur le privilège du Trésor promulguée en 2023, qui confère au FPI un pouvoir de contrainte pour la collecte de la taxe de promotion de l’industrie et le recouvrement de ses créances. Les agents formés se verront conférer la qualité d’OPJ à compétence restreinte, après une évaluation sanctionnée par un certificat, avant de prêter serment devant le procureur compétent.
« Le titre d’OPJ n’est pas un privilège mais une responsabilité, car il est le garant de la légalité », a souligné Guillaume Ngefa, ministre de la Justice, précisant que le FPI, en tant qu’instrument de l’État pour l’industrialisation du pays, a besoin de compétences judiciaires pour la mobilisation des recettes et la lutte contre la fraude.
Le FPI est l’institution congolaise chargée de financer les PME industrielles à travers la collecte de la taxe de promotion de l’industrie, prélevée sur les importations de biens manufacturés. En lui conférant des pouvoirs de police judiciaire, la loi de 2023 entend mettre fin aux difficultés chroniques de recouvrement qui ont longtemps fragilisé les ressources du Fonds. C’est la première fois qu’une institution financière publique congolaise non fiscale est dotée de tels pouvoirs — un précédent qui pourrait faire école dans d’autres organismes de recouvrement parafiscal.
Par A.E