Lutte contre la vie chère : le gouvernement lance la vente subventionnée de farine de maïs à Lubumbashi

Lubumbashi (Haut-Katanga), 14 juin 2026

Les sacs de maïs à vendre

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), à travers le ministère de l’Économie nationale, a procédé samedi au lancement officiel de la vente subventionnée de la farine de maïs au marché Mzée, dans la ville de Lubumbashi, province du Haut-Katanga au sud-est du pays. L’opération fait suite à la signature d’un protocole d’accord entre le ministère, via le Fonds de régulation économique (FOREC), et les producteurs locaux, dans le cadre du programme gouvernemental de régulation du marché intérieur.

Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre d’un des six engagements du président Félix Tshisekedi, centré sur l’amélioration du pouvoir d’achat des populations congolaises par la lutte contre la vie chère.

Trois points de vente pour la première phase

Pour cette première phase, le gouvernement a retenu trois points de distribution opérés par l’entreprise Agro-Industrielle du Congo (AGRICO SA), partenaire du programme : le site Mapendo au marché Mzée, la minoterie située sur la route de Kinsevere, et le point de vente de la ferme Terra, au village Lubanda sur la route Kasenga, à environ 100 km de Lubumbashi.

Procédant au lancement officiel des opérations, le directeur de cabinet du ministre provincial de l’Économie, des Transports et du Commerce, Jean-Jacques Madianga, a salué cette action gouvernementale comme une réponse concrète aux préoccupations sociales des populations. Le cadrage institutionnel est posé clairement :

Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du Chef de l’État visant l’amélioration des conditions de vie de la population. Bien qu’elle soit pilotée par le ministère de l’Économie nationale, sa mise en œuvre au niveau provincial bénéficie de l’accompagnement du Gouvernement provincial sous l’impulsion du Gouverneur de province. »

Tout en se réjouissant du démarrage effectif du programme dans le Haut-Katanga, Madianga a insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux pour prévenir toute fraude ou spéculation. La vigilance est de mise :

Nous travaillons en étroite collaboration avec le FOREC afin d’empêcher tout détournement de cette mesure sociale par des achats massifs destinés à la revente à des prix excessifs. »

Une mesure conjoncturelle, en attendant des leviers structurels

Le représentant du FOREC, Barak Moma, a rappelé que cette subvention à la consommation constitue une mesure conjoncturelle, destinée à atténuer les effets de la crise actuelle d’approvisionnement et à alléger le coût de la vie pour les ménages. La stratégie progressive est expliquée sans détour :

Le Gouvernement a opté pour une intervention progressive, fondée sur l’appui aux producteurs locaux ciblés, notamment AGRICO SA, avant de déployer d’autres mécanismes structurels de régulation orientés vers une subvention à la production. »

De son côté, le directeur des Ressources humaines et administratives d’AGRICO SA, Didier Kamba, a exprimé sa satisfaction quant à la concrétisation de cette initiative au bénéfice direct de la population. L’effet sur le prix est chiffré précisément :

Grâce à la prise en charge partielle du coût par le Gouvernement congolais à travers le ministère de l’Économie nationale, la population peut désormais acquérir un sac de farine au prix subventionné de 32 500 francs congolais, contre un prix généralement supérieur à 40 000 francs congolais sur le marché. »

Afin d’assurer une distribution équitable et préserver l’impact social du programme, un maximum de deux sacs de farine sera vendu par ménage. Un système de traçabilité reposant sur des codes QR a par ailleurs été mis en place pour renforcer la transparence et prévenir toute tentative de fraude.

Cette opération illustre, à l’échelle d’un produit de base, la même logique de traçabilité numérique qui traverse actuellement l’ensemble des réformes économiques congolaises — du RDC-PASS au système TALO de surveillance des prix. La farine de maïs est un aliment de base pour une large partie de la population du Haut-Katanga ; un écart de prix de près de 8 000 CDF par sac représente, à l’échelle d’un ménage, une part significative du budget alimentaire mensuel.

Par N. BAF