Maniema : à Kindu, la hausse des prix au marché central met à nu l’urgence de réhabiliter les routes agricoles

Reporters de terrain, Kindu (province du Maniema, RDC), 23 mai 2026

Au marché central de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema dans le centre-est de la République démocratique du Congo (RDC), les prix des denrées alimentaires de base connaissent une hausse sensible qui commence à peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages. Une bouteille d’huile de palme, qui se négociait autour de 1 500 francs congolais (CDF), s’échange désormais à 2 000 CDF, soit une hausse de 33 %. Un bassin de manioc, produit de base de l’alimentation locale, a évolué dans des proportions similaires.

D’autres produits de première nécessité sont également affectés : le sel de cuisine s’élève à 2 000 CDF le verre, contre 1 500 auparavant (+33 %). Le sucre atteint 3 000 CDF le verre, soit une hausse de 20 %. Le haricot est passé de 1 000 à 1 500 CDF (+50 %).

Des routes en délabrement : le vrai moteur de l’inflation locale

Pour les commerçants du marché, le diagnostic est sans ambigüité : c’est le mauvais état des routes de desserte agricole en RDC qui est à l’origine de cette inflation. Faute d’axes praticables, les agriculteurs de la province du Maniema peinent à acheminer leurs productions vers les centres de consommation. La rareté artificielle qui en résulte fait mécaniquement monter les prix.

Les opérateurs du marché plaident auprès du gouvernement provincial pour une réhabilitation urgente de ces axes — une requête qui résonne avec l’ambition nationale de désenclavement des zones rurales en RDC, mais qui se heurte quotidiennement à l’état de délabrement avancé des infrastructures locales. Dans une province aussi enclavée que le Maniema, le prix des denrées au marché n’est pas seulement un indicateur économique : il est le thermomètre de l’état des routes.

La rédaction / Chiffres & Conjoncture