Kinshasa, 3 juin 2026

Le ministère des Mines de la République démocratique du Congo (RDC) a ordonné la suspension conservatoire de toutes les activités minières exercées dans les zones contiguës au Parc national de la Maiko, dans le nord-est du pays. La mesure vise les périmètres couverts par les permis de recherche de deux sociétés : Stone Mining SARLU et Xin Hong Kuan Ye SARL, signalées par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) pour avoir opéré à proximité des limites du parc en violation des normes en vigueur.
« Dans le souci de préserver nos ressources naturelles et nos aires protégées, sont suspendues à titre conservatoire toutes les activités minières dans les zones contiguës au Parc national de la Maiko, précisément celles qui s’exercent dans les périmètres couverts par les permis de recherche précités », indique le communiqué du ministère des Mines.
Les investigations menées conjointement avec les services de l’Environnement ont mis en évidence plusieurs manquements : usage abusif des permis de recherche pour mener des activités d’exploitation illicites, violation de la loi relative à la conservation de la nature qui interdit toute activité incompatible dans les aires protégées, et présence d’individus armés non identifiés dans les périmètres concernés.
« Une mission mixte réunissant les services spécialisés des ministères de l’Intérieur, de la Défense, de l’Environnement et des Mines sera prochainement déployée sur le terrain pour une évaluation approfondie de la situation et la formulation de mesures appropriées », conclut le communiqué.
Créé en 1970, le Parc national de la Maiko est l’une des plus vastes aires protégées de la RDC. Il abrite une biodiversité exceptionnelle, dont plusieurs espèces endémiques et menacées — notamment l’okapi et le paon congolais. La pression minière sur les parcs naturels congolais est un phénomène documenté depuis plusieurs années, dans un pays où les ressources du sous-sol se superposent fréquemment aux zones de conservation. Cette décision de suspension s’inscrit dans une série de mesures prises par le ministère des Mines pour réaffirmer la souveraineté de l’État sur son patrimoine naturel.
Par N. BAF