Source : Agence Congolaise de Presse (ACP)

Le ministre des Travaux publics et Infrastructures, John Banza, a ordonné la suspension temporaire du péage de Kasangulu, dans la province du Kongo central, pour une durée de 48 heures. Une décision annoncée le 16 mai 2026, face à l’engorgement total qui paralyse depuis plusieurs semaines l’axe Kinshasa-Kasangulu de la Route nationale 1 (RN1).
Un bouchon monstre qui étouffe l’économie
Depuis deux à trois semaines, cet axe stratégique est devenu un véritable cauchemar pour les usagers et un frein sérieux à l’activité économique de Kinshasa et du Kongo central. Le constat du ministre Banza, dressé sur place, était sans appel :
La Route nationale n° 1 ne répondait plus à sa réputation de poumon économique. Ce samedi, le spectacle au niveau du péage de Kasangulu était désolant : des milliers de poids lourds et de camionnettes immobilisés pare-chocs contre pare-chocs. En cause, le goulot d’étranglement créé par les travaux d’agrandissement et de surélévation de la chaussée, combiné à la lenteur du système de perception manuelle. »
Deux facteurs conjugués sont à l’origine de cette paralysie : les travaux d’agrandissement et de surélévation de la chaussée en cours, et la lenteur inhérente au système de perception manuelle du péage.

La gratuité comme remède d’urgence
Pour le gouvernement congolais, le choix est pragmatique : le coût social et économique de ce blocage serait vingt fois supérieur aux recettes générées par le péage sur ces 48 heures. Sous l’impulsion du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et en concertation avec la Première ministre Judith Suminwa, l’exécutif a donc tranché en faveur de l’intérêt des citoyens, en rendant le passage gratuit pour tous les véhicules le temps de résorber l’accumulation.
Un plan en trois actes pour un retour à la normale durable
Au-delà de la mesure d’urgence, le ministre Banza a présenté un plan structuré en trois volets.
1. Suspension du péage pendant 48 heures pour évacuer sans délai le bouchon accumulé et rétablir une circulation normale.
2. Réorganisation du chantier : les travaux de surélévation seront suspendus pendant une semaine afin de libérer la voie, avant de reprendre sous un mode alterné garantissant que la circulation ne sera plus totalement interrompue.
3. Lancement d’une voie de contournement : le concessionnaire a reçu l’ordre de démarrer immédiatement la construction d’une route alternative de 18 km reliant l’entité Mvulumu à la rocade de Kinshasa via l’avenue de la Paix, offrant une solution pérenne pour fluidifier le trafic.

Un audit des concessions routières annoncé
La visite du ministre à Kasangulu a également été l’occasion d’aborder un chantier plus large : la remise en ordre des concessions routières dans la province du Kongo central. Dès la semaine prochaine, une évaluation complète de toutes ces concessions sera lancée, avec pour objectif de revoir les mécanismes de compensation et de s’assurer que les futurs travaux d’infrastructure ne se fassent plus au détriment des populations.
La RN1, artère reliant Kinshasa à Matadi et colonne vertébrale du commerce congolais, est historiquement sujette à de graves engorgements, notamment aux abords des postes de contrôle. Les mesures annoncées ce week-end visent à corriger durablement cette situation qui fragilise l’ensemble de la chaîne économique du pays.
La rédaction / Chiffres & Conjoncture