Kinshasa, 30 mai 2026

Le Conseil des ministres de la République démocratique du Congo (RDC) a adopté un projet de décret portant création, organisation et fonctionnement du guichet numérique de la RDC. L’annonce a été faite par Augustin Kibasa, ministre de l’Économie numérique porte-parole intérimaire du gouvernement, à l’issue du 91ème Conseil des ministres ordinaire.
Il s’agit d’un service public à caractère technique et économique placé sous l’autorité du ministre ayant le numérique dans ses attributions », a précisé Augustin Kibasa. Sa mission principale : assurer la mise en œuvre opérationnelle du système intégré des services publics numériques de l’État.
Un point d’accès unifié pour citoyens et entreprises
Selon le ministre Kibasa, le guichet numérique permettra de doter l’État d’un point d’accès unifié, sécurisé et interopérable aux services publics numériques. L’objectif est double : améliorer l’accessibilité et la transparence des services pour les citoyens, et renforcer l’efficacité administrative pour les entreprises.
La mise en place des guichets numériques constitue une avancée structurante pour l’action gouvernementale », a souligné Kibasa, précisant que cette initiative s’inscrit dans la continuité des projets de transformation numérique déjà engagés par le gouvernement.
Pour la RDC, dont l’administration publique souffre d’une fragmentation des services et d’un manque de digitalisation qui alourdit les démarches pour les opérateurs économiques, la création d’un guichet unique numérique répond à un enjeu de compétitivité. La simplification des procédures administratives est en effet l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer le climat des affaires et réduire le coût informel de l’accès aux services de l’État, deux conditions essentielles pour attirer l’investissement privé.
La RDC se dote d’une stratégie pour monétiser son patrimoine forestier

Par ailleurs, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a également adopté lors du même Conseil des ministres une stratégie nationale de valorisation, certification et monétisation des ressources forestières. Le texte a été soumis par la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat.
Augustin Kibasa, ministre de l’Économie numérique assurant l’intérim du porte-parole du gouvernement, a présenté les contours du texte :
Cette stratégie, qui place son ministère au cœur de la restructuration économique et sociale, renforce la souveraineté financière, environnementale et économique grâce à une architecture de standards internationaux crédibles permettant d’évaluer les résultats à chaque étape franchie. »
Trois piliers et un registre carbone souverain
La stratégie repose sur trois piliers : construire un dispositif progressif de valorisation, certification et monétisation des ressources forestières ; établir un registre carbone souverain, fiable et crédible ; et mettre en place un mécanisme de financement innovant et adapté au contexte local. Un comité de pilotage sera chargé d’assurer la gouvernance de l’initiative, avec des rôles clairement définis pour chacune des institutions nationales impliquées.
« Cette stratégie est fondée sur une vision de souveraineté et d’innovation institutionnelle avec pour objectif général de repositionner la RDC comme puissance forestière et environnementale mondiale, à l’instar du Brésil et de l’Indonésie », a indiqué Kibasa.
La RDC abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, après l’Amazonie, couvrant environ 155 millions d’hectares. Ce massif forestier joue un rôle de régulateur climatique planétaire en absorbant des quantités colossales de dioxyde de carbone. Paradoxalement, le pays n’a jusqu’ici que très peu bénéficié financièrement de cet atout environnemental, les marchés du carbone restant complexes à accéder sans infrastructure institutionnelle dédiée. La stratégie adoptée vise précisément à corriger cette lacune en créant les outils nécessaires pour valoriser et vendre des crédits carbone générés par la préservation et la gestion durable des forêts congolaises.
Par A. E.