1 milliard de dollars, 105 000 hectares : Banque mondiale et BAD s’engagent sur le parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu

Mbanza-Ngungu (Kongo central), 12 juin 2026

Mohindo Nzangi, ministre d’Etat en charge de l’agriculture entouré de ses partenaires

Plusieurs partenaires techniques et financiers ont manifesté jeudi leur engagement à accompagner le financement du Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo central en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une séance de travail présidée par le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi. Étaient présents des représentants de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD) et du Fonds international de développement agricole (FIDA), ainsi que le Groupe Mole, promoteur du projet.

Développé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture dans le cadre d’un partenariat public-privé, le parc sera géré par le Groupe Mole, dont le directeur général Gandi Mole était présent à la réunion. Bien que confiée à une gestion privée, l’initiative reste un projet du gouvernement congolais au service de l’intérêt général. Son coût global est estimé à près d’un milliard de dollars américains, dont le financement devra être mobilisé auprès des partenaires au développement à l’issue d’une étude de faisabilité approfondie.

700 000 tonnes transformées par an, 20 000 emplois attendus

Le parc s’étendra sur environ 105 000 hectares et ambitionne de transformer annuellement près de 700 000 tonnes de produits agricoles — manioc, maïs, blé, riz et canne à sucre. Ces matières premières seront converties localement en produits à forte valeur ajoutée : farine, sucre blanc raffiné et éthanol. À terme, plus de 20 000 emplois directs et indirects devraient être créés. Le projet doit également contribuer à l’augmentation de la production agricole nationale, à la réduction des importations alimentaires, à l’amélioration des revenus des producteurs et à l’industrialisation du secteur agricole.

Pour le ministre Nzangi, ce parc traduit la volonté du gouvernement de faire passer la RDC d’une agriculture de subsistance à une agriculture moderne, compétitive et créatrice de richesses. L’appel est direct :

Il est temps que la population de Mbanza-Ngungu au Kongo central, reconnue pour son dynamisme, bénéficie d’un véritable accompagnement du gouvernement à travers ce projet transformateur. Nous devons changer le paradigme et matérialiser la revanche du sol sur le sous-sol grâce à une révolution agricole agressive. »

La Banque mondiale : « très évident »

À l’issue de la séance, Guyslain Ngeleza, responsable du portefeuille Agriculture à la Banque mondiale, a réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner la RDC dans la concrétisation de cette ambition. La position de l’institution est résumée sans détour :

La Banque mondiale est prête à accompagner le gouvernement et la République démocratique du Congo. C’est très évident. De manière générale, ce que la Banque fait dans les pays se réalise à la demande du gouvernement. »

Le Groupe Mole : sécurisation foncière depuis 2022

De son côté, Gandi Mole, directeur général du Groupe Mole et gestionnaire du projet, a indiqué que la rencontre a permis d’établir une compréhension commune entre toutes les parties prenantes. La feuille de route est posée clairement :

La séance a porté sur plusieurs aspects, notamment la structuration du projet afin que nous parlions tous le même langage avec les bailleurs. L’objectif était de savoir, au regard de la demande formulée, qui fait quoi, qui intervient pour quoi et comment conduire efficacement ce projet. Aujourd’hui, les priorités concernent les études de faisabilité, l’évaluation de la viabilité, l’approche de construction ainsi que le futur modèle d’exploitation. Cette séance a permis de franchir une étape importante, de mieux comprendre la physionomie du projet et d’apporter davantage de clarté sur les prochaines échéances. »

Sur l’état d’avancement concret, Gandi Mole a précisé que plusieurs actions sont déjà engagées sur le terrain. Le point d’étape est sans ambiguïté :

Beaucoup de choses sont en cours. C’est un grand projet qui demande du temps. Actuellement, nous sommes dans la phase de sécurisation foncière avec les communautés locales, associées au processus depuis les premiers instants, c’est-à-dire depuis 2022. Avec le gouvernement, nous poursuivons également les travaux préparatoires nécessaires afin de poser les bases solides de la mise en œuvre de ce projet structurant. »

Le Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu s’inscrit dans la même logique que l’usine de tracteurs récemment lancée dans le même territoire du Kongo central : produire localement, transformer localement, et faire de l’agriculture un moteur de croissance et de souveraineté alimentaire pour la RDC.

Par N. BAF