Kinshasa, 14 juin 2026

L’Inspection générale des finances (IGF) de la République démocratique du Congo (RDC) a clôturé ce samedi son séminaire de renforcement des capacités des médias et de la société civile, dont l’objectif était de faire de ces partenaires des relais actifs de la sécurisation des finances publiques. L’institution s’est dotée d’un plan stratégique triennal 2026-2028, pensé pour protéger les recettes de l’État face aux défis posés par la numérisation de l’économie et la sophistication croissante de la corruption.
Le diagnostic posé par l’inspecteur général des finances chef de service, Christophe Bitasimwa, donne le ton sans détour :
« La gestion publique et les méthodes de contrôle accusent un retard face à la mondialisation, l’intégration financière et l’intelligence artificielle. La transformation de l’IGF s’impose pour protéger les recettes dans une économie digitalisée. »
Pour Bitasimwa, l’enjeu de ce séminaire était de transformer les journalistes et les acteurs de la société civile en partenaires actifs de la sécurisation des finances de l’État, en les invitant à vulgariser le plan triennal auprès du public afin d’encourager une vigilance budgétaire citoyenne — des connaissances qu’il a qualifiées de « semences positives ».
Vers un partenariat évalué et performant
La collaboration entre l’IGF et ses partenaires civils fera désormais l’objet d’un suivi structuré. L’engagement est martelé sans détour :
Un monitoring et une évaluation périodique seront effectués pour mesurer la performance de notre partenariat. »
Pour Bitasimwa, une gouvernance publique intègre constitue le levier essentiel du développement durable et de l’amélioration des conditions de vie des Congolais. Citant l’écrivain Bernard Dadié sur la quête perpétuelle de l’homme à se distinguer, il a précisé que la seule distinction attendue des gestionnaires publics réside dans l’intégrité et la responsabilité, et non dans le détournement. Le rappel final résume tout l’enjeu économique du contrôle :
Chaque dollar détourné est un dollar qui ne finance pas les hôpitaux et les routes. »
Moderniser le contrôle ou subir le retard
L’institution a insisté sur l’urgence de moderniser des méthodes de contrôle traditionnelles qui ne cadrent plus avec l’évolution technologique mondiale. Selon Bitasimwa, la mondialisation, l’intégration des systèmes financiers numériques et l’intelligence artificielle redéfinissent totalement les circuits financiers — d’où la nécessité d’un plan triennal conçu comme une boussole pour anticiper les défis futurs de la gouvernance financière en RDC.
Au terme de ce séminaire, les participants se sont dits outillés pour promouvoir la transparence et la redevabilité. Pour l’IGF, un citoyen bien informé constitue le meilleur rempart économique contre le détournement des deniers publics. Cette clôture intervient après quatre journées denses qui ont vu se succéder les interventions sur le contrôle systémique, la communication institutionnelle et l’impunité judiciaire — et donne au plan triennal de 39 millions USD un ancrage dans l’opinion publique qu’aucune réforme administrative ne peut, seule, garantir.
Par A. E