Riz, huile, lait, haricots : le panier de la ménagère s’alourdit à Kinshasa

Kinshasa, 15 juin 2026

Les prix de plusieurs produits de première nécessité ont poursuivi leur hausse sur les marchés de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), selon une enquête menée mardi. Riz, huile végétale, lait en poudre et haricots sont en progression, sous l’effet conjugué de la rareté des produits, de la dépréciation du franc congolais face au dollar américain, du mauvais état des routes et de tracasseries fiscales persistantes — malgré la suspension de la TVA et les réductions de taxes décidées par le gouvernement.

Le riz BB en tête des hausses

C’est le riz qui enregistre la progression la plus marquée. La situation sur les marchés de la Gombe est résumée avec précision :

Le riz de marque BB, qui se vendait à 50 570 FC, revient actuellement à 62 250 FC ; le riz Lion passe de 47 000 à 48 000 FC et le riz Riano se négocie à 42 000 FC, contre 41 650 FC précédemment, au cours de la période allant du 4 mai au 15 juin 2026. »

Ange Ngomanvula, vendeuse au Marché central dans la commune de la Gombe, précise que cette hausse ne se limite pas au riz et au lait en poudre, mais touche également d’autres produits de première nécessité.

Produit (sac 25 kg)Prix antérieur (FC)Prix actuel (FC)Variation
Riz BB50 57062 250+23,1 %
Riz Lion47 00048 000+2,1 %
Riz Riano41 65042 000+0,8 %

Enquête marchés Kinshasa, 15 juin 2026

L’huile végétale en légère progression

L’huile végétale de marque Regina affiche des hausses modérées selon Paulin Chaba : le bidon de 25 litres passe de 109 500 à 110 000 FC, celui de 15 litres de 66 300 à 67 000 FC, le bidon de 10 litres de 45 000 à 45 500 FC, et le bidon de 5 litres de 25 100 à 26 000 FC. Des hausses contenues, mais qui s’accumulent pour les ménages qui achètent en petites quantités.

Haricots : Goma coupe le ravitaillement

Le haricot en provenance de Goma accuse la hausse la plus préoccupante en proportion. La raison avancée au marché UPN est précise :

Cette hausse est due à la rareté du produit sur le marché ainsi qu’à la baisse du trafic fluvial. »

Une mesurette (kopo) se négocie désormais à 4 500 FC contre 3 000 FC auparavant, soit une hausse de 50 %. Le sakombi suit la même tendance, passant de 2 700 à 3 500 FC. Le niébé (mbuengi) est passé de 2 800 à 3 000 FC et les haricots madesu ya Lufu de 2 500 à 3 000 FC.

Lait en poudre : les tracasseries sur la route de Lufu

Les prix du lait en poudre progressent également. La Belle Hollandaise de 2 500 g passe de 69 800 à 71 000 FC ; celle de 1 800 g de 50 000 à 52 000 FC ; celle de 900 g de 26 200 à 27 500 FC. Le Nido de 1,8 kg bondit de 49 200 à 52 750 FC et le Bomdia de 900 g de 19 200 à 21 850 FC. Un vendeur au Marché central indique la cause :

Les prix du lait en poudre sont en hausse parce que certains produits en provenance du marché de Lufu, qui approvisionnent les marchés de Kinshasa, sont confrontés à des tracasseries sur certains tronçons routiers ainsi qu’à de forts embouteillages. »

La farine de maïs, seul point de stabilité

Dans ce tableau généralisé de tensions, la farine de maïs fait exception. Une mesurette d’ekolo se négocie toujours entre 2 000 et 2 500 FC. La farine Master Plus reste à 3 000 FC et une mesurette de riz Lion à 1 500 FC. Georgette Mpoy, vendeuse au marché du Rond-point Ngaba, explique que cette stabilité est due à l’abondance du produit sur le marché.

Ce tableau des marchés de Kinshasa confirme une tendance structurelle : les mesures d’allègement fiscal décidées par le gouvernement peinent à se répercuter sur les prix au détail, tant que les circuits logistiques restent dégradés et les tracasseries persistantes. La route de Lufu, les voies fluviales vers Goma, les axes d’approvisionnement du Marché central — ce sont ces maillons concrets qui font la différence entre une décision prise en Conseil des ministres et un prix affiché sur un étal.

Par N. BAF