Assemblées de la BAD à Brazzaville : les transferts de la diaspora africaine dépassent 100 milliards USD et s’imposent comme première source de financement du continent

Brazzaville, 26 mai 2026

C’est un signal fort que le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a envoyé mardi à Brazzaville, lors des Assemblées annuelles 2026 de l’institution : les transferts de fonds des diasporas africaines vers le continent ont franchi la barre des 100 milliards de dollars américains et sont désormais la première source de financement extérieur de l’Afrique, devant l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers.

 Les transferts des fonds sont devenus la première source de financement extérieur.  »

Ce chiffre prend tout son relief rapporté aux besoins du continent : la BAD estime à 400 milliards USD par an les besoins urgents de financement de l’Afrique. Les transferts de la diaspora en couvrent donc le quart — une proportion considérable qui révèle à la fois la puissance économique des Africains de la diaspora et l’ampleur du déficit de financement structurel qui reste à combler.

Une croissance africaine résiliente, une RDC au-dessus de la moyenne

Devant les présidents Denis Sassou Nguesso du Congo, Archange Touadéra de la République centrafricaine et Brice Oligui Nguema du Gabon, Sidi Ould Tah a dressé un tableau économique nuancé mais globalement positif. La croissance du PIB réel du continent africain est projetée à 4,3 % en 2026, contre 4,5 % en 2025, dans un environnement international marqué par l’instabilité et les crises sécuritaires. L’inflation, elle, recule à 13,6 % en 2025.

Pour la République démocratique du Congo (RDC), le taux de croissance est estimé à 5,9 % — soit nettement au-dessus de la moyenne continentale. Un résultat porté par la dynamique du secteur minier et les réformes engagées par le gouvernement congolais.

Sidi Ould Tah a conclu sur une note de fierté continentale : grâce aux minéraux critiques et à sa montée en puissance dans la chaîne de valeur de la transition énergétique mondiale, « l’Afrique n’est plus périphérique ». Elle « co-investit » désormais pour son propre développement.

Des chefs d’État engagés sur la jeunesse et l’intégration

En marge des annonces économiques, les interventions des chefs d’État ont mis en avant des priorités convergentes. Le président Sassou Nguesso a insisté sur le rôle de la jeunesse congolaise et sur les secteurs qu’il entend développer : agriculture, infrastructures, énergie et numérique. Son homologue gabonais Oligui a partagé cette vision, estimant qu’il n’existe pas de croissance durable sans l’implication des jeunes générations. Le président Touadéra a, quant à lui, invité la BAD à se rapprocher davantage des États pour assurer un meilleur suivi de l’exécution des projets sur le terrain.

Sidi Ould Tah vit ses premières assemblées annuelles. Il a pris ses fonctions en septembre 2025 en tant que neuvième président de la Banque africaine de développement (BAD) qui a été fondée en 1964 et regroupe 81 pays membres, dont 54 pays africains et 27 pays non africains. Elle est le principal bailleur de fonds multilatéral du continent pour les infrastructures, l’agriculture, le développement humain et la gouvernance.

Par G. M.