Fonds minier pour les générations futures : une ONG exige un audit, huit ans de gestion restent dans l’opacité

Kinshasa, 9 juin 2026

Une organisation non gouvernementale congolaise spécialisée dans la gouvernance des ressources naturelles, La Sentinelle des Ressources Naturelles, a adressé mardi une lettre ouverte au ministre des Mines de la République démocratique du Congo (RDC), lui demandant de diligenter un audit indépendant sur l’allocation des revenus du Fonds minier pour les générations futures (FOMIN). Cette exigence, selon l’organisation, est une obligation légale au regard du décret organique de 2023.

La Sentinelle des Ressources Naturelles vous saisit une énième fois au sujet de l’urgence de diligenter un audit indépendant sur l’allocation des revenus du FOMIN. Un tel audit constitue une exigence légale au regard du décret organique de 2023, mais aussi une nécessité pour restaurer la confiance des citoyens et garantir que les revenus alloués soient effectivement utilisés au profit des générations futures », peut-on lire dans la correspondance.

Huit ans d’existence, zéro transparence

L’ONG pointe une opacité systématique qui contrevient aux obligations légales de l’institution. Elle souligne que la nomination de nouveaux mandataires à la tête du FOMIN constitue une opportunité de faire la lumière sur les allégations de mauvaise gestion.

Huit ans après la création du FOMIN, les citoyens congolais ignorent quelles richesses ont été créées, combien de revenus ont été collectés, quelles dépenses ont été engagées, quels placements ou investissements ont été effectués et quels rendements obtenus ? », s’interroge La Sentinelle.

L’organisation cite explicitement l’article 32 bis du décret de 2023, qui impose aux mandataires du FOMIN des obligations précises : la publication des informations sur les actes de gestion et les projets financés, la production d’un rapport d’audit indépendant, et la publication d’un rapport sur les recettes, les dépenses et les états financiers.

Le FOMIN a été institué pour préserver une partie des revenus issus de l’exploitation minière au bénéfice des générations futures, tout en soutenant la diversification de l’économie nationale. Sa création répondait à une logique de gestion responsable de la rente minière dans un pays qui extrait chaque année pour plusieurs milliards de dollars de ressources non renouvelables. L’absence de transparence sur son fonctionnement nourrit des soupçons de détournement et prive les citoyens de leur droit à l’information sur l’utilisation des richesses collectives — un enjeu de gouvernance d’autant plus aigu que la RDC multiplie les engagements de réforme du secteur minier sur la scène internationale.

Par N. BAF