Kinshasa, 13 juin 2026

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a procédé samedi à Kinshasa au lancement officiel du RDC-PASS, un système national d’identification numérique présenté comme une réforme stratégique pour moderniser les services publics et accélérer la transformation numérique du pays. La vision portée ce jour est sans ambiguïté :
Ce lancement marque une étape majeure dans la construction d’un État plus moderne, plus efficace, plus accessible et davantage tourné vers le citoyen. »
Le RDC-PASS s’inscrit dans les engagements du second mandat présidentiel visant à améliorer la qualité des services publics, renforcer l’inclusion des citoyens et favoriser l’émergence d’une économie numérique créatrice de valeur. Pour le président Tshisekedi, le numérique est désormais un instrument stratégique de souveraineté, de bonne gouvernance, de transparence et de développement économique.
Pas une carte d’identité, mais une clé d’accès
Le chef de l’État a tenu à dissiper d’emblée toute confusion sur la nature de l’outil. La mise au point est directe :
Le RDC-PASS n’est pas une carte d’identité nationale. Il ne la remplace pas et ne se substitue ni aux institutions compétentes ni aux documents officiels prévus par nos lois et règlements. »
Cet identifiant numérique personnel est gratuit, sécurisé, et destiné à faciliter progressivement l’accès aux services publics numériques de l’État. L’objectif est posé clairement :
Notre ambition n’est pas d’ajouter une complexité administrative supplémentaire, mais de simplifier, clarifier et sécuriser les démarches des citoyens. »
À terme, les usagers ne devraient plus être contraints de fournir les mêmes informations à plusieurs administrations. Le gouvernement a reçu instruction d’accélérer la dématérialisation des services publics, de garantir l’interopérabilité entre les administrations, de renforcer les capacités nationales en cybersécurité et d’assurer l’inclusion numérique des populations des zones rurales et enclavées.
Une nation digitale à l’horizon 2030

Le président a inscrit cette initiative dans un horizon stratégique plus large. La formulation retenue donne l’échelle de l’ambition :
Il ne s’agit donc pas d’une réforme isolée, mais d’un jalon essentiel de notre ambition : faire de la République démocratique du Congo une nation digitale, souveraine, connectée et innovante à l’horizon 2030. »
Sur la place des jeunes dans cette transformation, la position présidentielle est nette :
Notre jeunesse ne doit pas seulement consommer des solutions numériques conçues ailleurs ; elle doit en être actrice, créatrice, entrepreneure et bénéficiaire. »
Le ministre : gratuit, personnel, accessible partout

Prenant la parole à son tour, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa, a précisé les contours pratiques du dispositif. La promesse est simple :
Le RDC-PASS est gratuit, il est personnel, il est sécurisé, il est accessible partout. L’obtention de votre identifiant numérique unique ne nécessite aucun paiement. C’est un service que l’État offre à ses citoyens. »
Pour illustrer les bénéfices concrets de l’interconnexion progressive des services publics, le ministre a esquissé un quotidien administratif inédit pour le Congolais :
Lorsque votre passeport approchera de son échéance, vous recevrez un rappel pour le renouveler à temps. Lorsqu’un document administratif sera prêt, vous en serez informé sans avoir à vous déplacer. »
Les promoteurs du projet estiment que le RDC-PASS doit constituer le socle d’une nouvelle architecture numérique nationale, fondée sur l’authentification sécurisée, l’interopérabilité des services et la protection des données personnelles. À terme, la plateforme est appelée à favoriser l’accès aux services administratifs, financiers, éducatifs et sanitaires, tout en renforçant la lutte contre la fraude, la mobilisation des recettes publiques et l’intégration de la RDC dans l’économie numérique mondiale.
Ce lancement s’inscrit dans une séquence numérique cohérente : guichet numérique unique de l’État, système TALO de surveillance des prix, outil E-Contrôle du ministère de l’Économie nationale. La RDC s’emploie à bâtir, brique par brique, une infrastructure numérique de gouvernance. Avec 30 millions d’utilisateurs de Mobile Money et près de 100 milliards de dollars de flux numériques annuels, le socle existe. Le RDC-PASS est le premier outil qui entend le relier à l’État.
Par N. BAF